lundi 23 avril 2012

CARAVANE SOLIDAIRE, l’engagement continue

Mes chers amis caravaniers,

Je vous écris ces mots premièrement pour vous remercier encore une fois (Eco-Benin et Gautierin primis) de l’opportunité que j’ai eue en participant à ce projet intéressant et formatif, à cette belle expérience de vie et de tourisme responsable qu’a été la Caravane Solidaire. Mais surtout pour tout ce qui est en train de se développer par cette expérience.
Comme promis, de ma part et de la part de Kanaga Adventure Tours, l’engagement continue.

Obligés à laisser le Mali pour quelque semaine, à cause des tristes événements politiques, nous avons passés la frontière en direction de Bobo Dioulasso et une fois en ville, nous avons profité pour reprendre les contacts avec les Associations de Yanta et de Gafreh : deux des plus intéressants projets que la Caravane nous a fait découvrir.

En nous rappelant du dynamisme, de l’engagement, de la contribution de ces femmes, mais aussi leurs difficultés et problématiques, nous avons proposé aux deux associations une collaboration avec Kanaga Adventure Tours, à travers l’insertion de leurs projets dans nos activités de tourisme responsable et solidaire.

Dans quelle mesure ?

Premièrement en accordant avec la directrice de Yanta un premier projet expérimental de stage-volontariat pour une voyageuse italienne de notre agence qui désire vivre non pas seulement une expérience de voyage mais aussi donner son temps de travail pour le volontariat.
Elle n’a pas des compétences techniques spécifiques (son travail c’est dans le domaine de la communication), donc son engagement dans cette première étape expérimentale sera plus théorique que pratique; ça veux dire préparer un rapport détaillé sur les activités, les objectifs, les bilans et les difficultés de l’association Yanta, pour nous donner la possibilité future de programmer d’une façon plus mirée des camps de travail bénévole, des stages, en sélectionnant des participants avec les compétences spécifiques nécessaires pour trouver des solutions aux problématiques de l’association et à donner la bonne contribution. Par exemple une équipe de professionnels informaticiens (Yanta n’a pas un site internet personnel et direct), ou une équipe d’experts en marketing ou en commercialisation de produits…ou encore un expert couturier en broderie (les femmes de l’atelier de couture de Yanta elles ont deux machines pour la broderie mais elles ne savent pas utiliser et elles n’ont pas l’argent pour payer un cours)….c’est seulement des hypothèses qu’on viendra bien définir à la fin de cet premier stage de la volontaire (qui sera aidée par notre collègue Fraban, un sociologue malien très compétent, spécialisé en coopératives féminines).
Un autre aspect de notre contribution/collaboration avec Yanta sera celle d’insérer, au-delà des programmes de volontariat,  dans chacun de nos circuits au Burkina, une visite à l’association, y compris les repas de nos visiteurs et les visites de la forêt et de leurs projets.
Le même engagement a été pris avec Gafreh, et leur boutique sera visitée chaque fois par nos voyageurs qui passeront par Bobo Dioulasso. Enfin nous avons acheté un stock de 10 sacs écologiques, pour expérimenter leur vente en Italie à travers notre boutique solidaire (à travers laquelle nous finançons des projets de développement local). Si la vente connait du succès, nous étudierons un plan durable de commercialisation des sacs en Italie.
Donc cette lettre, c’est pour vous remercier tous, pour toutes ces opportunités qui sont nées au sein de la Caravane, vraiment merci, et la solidarité continue, mais moi je préfère parler de collaboration constructive et durable….et j’espère que cette collaboration constructive continue et sera durable aussi entre nous tous, les caravaniers.     
           Ciao
           Caterina

lundi 19 décembre 2011

Communiqué final de la Caravane Solidaire 2011

La Caravane Solidaire s’achève, la solidarité continue
 Pendant deux semaines, en novembre 2011, une vingtaine de «Caravaniers» d’Afrique et d’Europe ont exploré des projets d’écotourisme au Bénin, au Togo, au Ghana et au Burkina Faso. Nos objectifs? L’échange de compétences entre professionnels du tourisme responsable et solidaire et le renforcement d’un réseau d’écotourisme, mais aussi le développement, dans la sous-région, d’un véritable circuit de tourisme alternatif. Organisée par Eco-Bénin avec le soutien d’Altervoyages et de Wallonie Bruxelles International, la Caravane Solidaire Afrique de l’Ouest 2011 a rassemblé 22 participants représentant différentes catégories d'acteurs: hautes écoles, ONG de développement, associations environnementales, autorités publiques, journalistes, voyageurs et voyagistes, tous passionnés d’écotourisme. Ils sont venus de Belgique, Bénin, Burkina Faso, Chili, France, Ghana, Guadeloupe, Italie et Togo. Le périple a démarré sur les chapeaux de roues à Cotonou, capitale du Bénin. (www.ecobenin.org) – (http://www.altervoyages.org/)
 
Vaudou et Action Carbone au lac Ahémé
Après Cotonou, la Caravane se dirige vers Possotomé, sur les rives du lac Ahémé dans le sud du Bénin. Grâce à l’intervention d’Eco-Bénin, ONG de tourisme écologique et solidaire, ce village de pêcheurs et d’agriculteurs bénéficie depuis 2005 d’une  infrastructure complète d’accueil du voyageur et de circuits touristiques variés. Ces services sont gérés par les habitants eux-mêmes au sein d’un Comité Local d’Action Touristique. Ils permettent à nombre d’entre eux de bénéficier d’un revenu complémentaire à leur activité de base. Lucien, Denis et Ignace, guides locaux, proposent aux Caravaniers la découverte des techniques de pêche et des rites vaudou: la forêt sacrée, où nul ne peut pénétrer après la tombée de la nuit, et les temples des divinités du village comme Tolègba, Hêbioso, Zangbéto participent à la préservation de la tradition séculaire et du patrimoine naturel. Ces premiers contacts favorisent l’immersion dans la culture béninoise. Par ailleurs, pour lutter contre l’ensablement du lac, la raréfaction des poissons et les émissions de CO2, les Caravaniers sont invités à planter des palétuviers, contribuant ainsi à l’Action Carbone. L’expérience de Possotomé, pionnière en la matière, montre les différentes étapes à franchir dans le développement d’un projet d’écotourisme. (www.lacaheme.com)

 Nature et culture à Camaté-Shakaloké

Les Caravaniers reprennent la route pour Camaté-Shakaloké, dans les collines vertes du centre du Bénin où la structure CPN les papillons (Connaître et Protéger la Nature) prône la gestion durable des ressources naturelles et l’épanouissement de l’être humain. A leur programme: une randonnée révélant les richesses naturelles et culturelles du lieu et la visite du Centre d’Initiation et de Préservation de l’Environnement. Ce centre pratique l’élevage, l’agroforesterie, le maraîchage et la transformation des produits. Pour améliorer le quotidien des habitants, une banque de chèvres a été créée. Celle-ci distribue aux familles une chèvre dont le premier chevreau sera donné à d’autres familles du village. Un miel 100% naturel y est produit et l’un des Caravaniers, apiculteur à ses heures, propose un mode de production plus rentable. Si le centre CPN les papillons présente un bilan positif, il doit encore faire face à d’importants défis comme la recherche d’alternatives au concassage du granit par les femmes et par les enfants ainsi que la mise en place d’outils de suivi et d’évaluation des impacts du tourisme responsable. L’apport de la Caravane se poursuivra sans doute sur ces différents plans. (http://cpnlespapillons.org)
Une gestion autonome au pays Otammari

Niché sur la chaîne de l’Atacora, au Nord Ouest du Bénin, Koussoukoingou se distingue par l’architecture exceptionnelle de ses habitations, les Tata, mini châteaux fortifiés en banco caractéristiques de l’ethnie Otamari, qui reste fortement attachée à ses coutumes et à ses croyances. Avec le soutien d’Eco-Bénin et en concertation avec les autorités locales, les villageois y ont constitué une association professionnelle baptisée  Perle de l’Atacora. Ses membres assurent en toute autonomie l’organisation et la gestion d’une série de services touristiques dont le logement chez l’habitant ou dans un éco-lodge, la restauration ainsi que le guidage à la découverte des secrets des Bétammaribé (populations de cette région). Ces activités, tout en préservant la biodiversité, génèrent des revenus complémentaires pour les communautés et contribuent à la lutte contre la pauvreté et l’exode rural. Un «bal poussière» clôture la journée des Caravaniers, dans une ambiance de musique et de danse des plus conviviales. Pour certains d’entre nous, la nuit se poursuivra à la belle étoile, sur les terrasses des fameuses Tata, une expérience véritable de partage du quotidien des villageois. (www.ecobenin.org/koussoukoingou)
 
Sensibilisation à l’environnement à Kpalimè
 Avec ses deux minibus, la Caravane continue sa route pour Kpalimé, au Sud Ouest du Togo, où elle est accueillie par une fête traditionnelle des plus chaleureuses, haute en couleurs et rythmée de chants et de danses. Les projets d’écotourisme y sont organisés par ADETOP (Association Découverte Togo Profond) qui se mobilise contre la dégradation de l’environnement au détriment des populations. «Nous sommes convaincus que la protection de la nature et l’écotourisme solidaire contribuent au développement durable des communautés», assure François Satro, coordinateur d’ADETOP. L’association s’est lancée dans l’assainissement de deux rivières, avec la participation des écoles et des riverains: faute de moyens économiques et technologiques, la gestion de l’eau se doit d’être proactive. Avec un guide chevronné, les Caravaniers découvrent la végétation luxuriante de la forêt ainsi que la phytothérapie locale. Un artiste nous montre ensuite qu’on peut peindre avec des pigments naturels, donc sans atteinte à l’environnement. La nature ne regorge-t-elle pas de richesses? La majorité des revenus de l'écotourisme est réinvestie dans des projets de développement durable: sensibilisation, installation de puits, de latrines ou de poubelles… Si ADETOP a remporté au fil des ans des victoires certaines, elle doit en permanence se battre pour trouver des partenaires techniques ou financiers, un problème commun à nombre d’acteurs du tourisme solidaire. (www.adetop-togo.com)
 
Des services communautaires à Wli
En Afrique de l’Ouest, le passage des douanes exige souvent de la patience: pour entrer au Ghana, les discussions avec les autorités ont pris cinq heures. La Caravane a ainsi atteint tardivement le village de Wli, près de Hohoé. L’étape est recommandée par l’agence ghanéenne M&J Travel and Tours: son attraction principale réside dans les Agumatsa Falls, les cascades les plus hautes du pays. Pour préserver ces lieux remarquables, les habitants, chasseurs, pêcheurs ou agriculteurs, ont été exclus de la forêt. Certains se sont alors investis dans l’écotourisme et ont organisé, avec le soutien des autorités, la visite des chutes, la vente de mets et de boissons, des festivités de bienvenue rythmées par le tam-tam… Ces services communautaires améliorent quelque peu leur quotidien. Mais ils font face à la concurrence du privé, qui dispose de moyens incomparables. Plus entreprenantes que d’autres, deux femmes proposent néanmoins aux Caravaniers de leur préparer un repas local. Souhaitant héberger chez elles des visiteurs, elles se renseignent sur les modalités à remplir. L’échange d’expériences est donc utile. Non loin de Wli, le sanctuaire des singes Mona de Tafiatomé constitue un exemple de préservation de la biodiversité qui profite davantage aux populations environnantes. (www.mandjtravelghana.com)
 
Respect des traditions à Mognori
Toujours au Ghana, à une quinzaine de kilomètres du Mole National Park, ce ne sont pas les animaux qui retiennent l’attention des voyageurs solidaires, mais le Mognori Ecovillage. Chassés de la réserve naturelle, les agriculteurs ont cherché à assurer autrement leur survie. Le potentiel touristique est là, avec les cases du village dont la décoration est caractéristique du clan Hanga et la fabrication du savon et du beurre de karité, des produits que les femmes vendent. Les Caravaniers participent à la cérémonie d’accueil et à un repas convivial dans le respect des traditions locales. Lors des échanges avec les responsables locaux, ils réalisent que les nombreux touristes du parc ne viennent que rarement visiter Mognori, faute de moyens de déplacement. Un site web, c’est bien, mais mieux vaudrait une communication adéquate sur le terrain. Pas de véhicule, pas de plan de développement et de coordination, des statistiques de visites non conformes aux documents, etc. Une grande partie du travail reste à faire. (http://www.savannatourism.com/mognori.html)

Dynamisme au féminin à Bobo-Dioulasso
Surprise à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, où des dizaines de femmes accueillent la Caravane en fanfare et à vélo, attirant l’attention générale sur l’événement. Ce n’est d’ailleurs qu’un des exemples du dynamisme de Yanta (« allons de l’avant »). Cette union compte plus de 2.000 femmes déterminées à prendre leur avenir en mains, passant de l’exploitation… à la préservation de la forêt. Pour améliorer leurs revenus, ces «business women» ont créé une vingtaine d’unités de production. «Nous fabriquons du beurre de karité, du miel et du savon; nous transformons le manioc et la noix de cajou; nous réalisons des pagnes ainsi que des sacs éco-citoyens et proposons nos services en couture, en coiffure et en restauration. Sans oublier le théâtre forum, les expositions ventes, l’alphabétisation en dioula, le reboisement, la promotion des foyers améliorés et la sensibilisation à la protection de l’environnement…», raconte Nathalie Tiendrebeogo, la présidente. Au cours d’une présentation Powerpoint, elle signale les défis à relever par Yanta. Comment, sans moyen de transport, trouver des débouchés complémentaires pour les produits fabriqués? Appréciant l’excellente qualité de l’atchéké à base de manioc préparé sur place, Eco-Bénin propose à l’association de s’organiser pour le commercialiser au Bénin ou pour venir y former des femmes. C’est un exemple concret des échanges de compétences Sud-Sud visés par la Caravane. Comment aussi remplacer le projet d’appui à la gestion participative des ressources naturelles qui se termine en 2012? Les Caravaniers font confiance à ces femmes qui reconnaissent que désormais la forêt les fait vivre de manière digne et durable. La conservation de cette forêt donne aussi du travail à une série de forestiers, de guides naturalistes et de menuisiers qui fabriquent l’infrastructure locale: pont, poubelles installées sur le parcours des visites, etc. (yanta_bobo@yahoo.fr)

Recyclage et créativité à Bobo-Dioulasso
Un autre projet force l’admiration des Caravaniers à Bobo-Dioulasso. Dans une boutique, ils rencontrent la directrice du GAFREH, Groupe d’Action des Femmes pour la Relance Economique du Houet. Cette ONG veut favoriser l’égalité financière entre les femmes et les hommes par l’alphabétisation, des ateliers de sensibilisation,  des formations…Ses réalisations sortent des sentiers battus: une collection de sacs à dos ou à main, de pochettes et même de chapeaux et de vêtements extrêmement mode mais surtout fabriqués à base de sachets plastiques recyclés. La formule permet d’associer la préservation de l’environnement et l’apport d’un revenu complémentaire à des centaines de femmes. Mais pour rémunérer équitablement toutes celles qui travaillent dans la filière, de la récolte des sachets à la commercialisation des produits, les articles doivent se vendre assez cher, du moins pour les consommateurs de Bobo. Pas facile, sans le moindre appui de la mairie et sans véhicule, d’étendre le marché… (www.gafreh.org)
 
Implication des populations à Laongo
La Caravane Solidaire s’achève à Ouagadougou, avec la visite du musée à ciel ouvert des sculptures de granit de Laongo. Des dizaines d’œuvres y ont été créées sur les pierres du site par des artistes du monde entier. Chacune d’elle, à sa manière, transmet des leçons de la sagesse africaine partagées avec philosophie et humour par Issaka Tapsoba, le guide local. Ce musée financé à grands frais par le ministère de la Culture pourrait profiter davantage à la population environnante. Pourquoi ne pas y développer pour les voyageurs un logement et une restauration qui permettraient aux villageois d’améliorer leurs conditions de vie? L’idée est en tout cas lancée par les Caravaniers. (issakatapsoba2005@yahoo.fr)

Chacun s’engage à Ouagadougou
 Réunis une dernière fois à Ouagadougou, les participants à la Caravane Solidaire Afrique de l’Ouest 2011, «le seul rallye où il s’agit d’arriver ensemble», s’engagent à maintenir les contacts et à poursuivre les actions en faveur du tourisme responsable et solidaire initiés lors du voyage. Si le périple est terminé, la solidarité continue tant entre les Caravaniers qu’avec les acteurs rencontrés. C’est ainsi que ce «laboratoire nomade» produira des résultats sur le terrain, au bénéfice des populations et de l’environnement. Des exemples? Un coup de pouce à l’une ou l’autre des associations rencontrées, la diffusion des informations récoltées lors des visites, la prise de contacts avec d’autres acteurs pour relever les défis croisés, etc. Grâce aux ateliers et aux échanges, les Caravaniers se disent mieux outillés dans des problématiques comme l’assainissement de l’eau, la gestion des déchets, les énergies renouvelables, la conservation de la biodiversité, la reforestation, la production alimentaire durable. Ils sont prêts à témoigner du rôle essentiel de la femme dans le développement, de l’importance de l’implication des populations dès la genèse d’un projet comme de la conciliation des impacts naturels et culturels… dans un tourisme alternatif qui se veut responsable et durable.
 
 Ce communiqué a été rédigé par Catherine Piret avec le concours de Gautier, Joel, Charlotte et Hermann, Joel et Béatrice.
 
Eco-Bénin
Abomey-Calavi, rue début Clôture IITA - 03 BP 1667 Jéricho, Bénin
(+229) 21 04 22 68 – 95 28 52 20 ecobenin@yahoo.fr - www.ecobenin.org

vendredi 18 novembre 2011

La caravane 2011 s’achève mais la solidarité continue…..


Jeudi 17 novembre 2011, nous arrivons comme prévu tous ensemble à Ouagadougou.

Notre dernière étape, le site des « Sculptures sur granit » de Laongo,  ce musée à ciel ouvert a été initié en  1989 avec un symposium invitant différents sculpteurs du monde entier, pour tailler leurs œuvres sur le site même.  La visite guidée est assurée avec la qualité de commentaires que nécessitent des œuvres d’une telle inspiration que le guide suggère au visiteur avec le respect dû aux artistes.  Né dans le village comme les trois autres guides du lieu,  Issaka nous propose la visite avec beaucoup de philosophie et d’humour. Les messages de la sagesse africaine transmis de manière orale  par les contes sont ici exprimés en œuvres d’art. Quelle richesse de formes, de couleurs, d’inspirations…

Cette initiative financée par le ministère de la Culture draine de nombreuses arrivées de visiteurs en majeure partie étrangers. L’investissement est important. Il n’en constitue pas moins une opportunité pour la population restée très neutre dans ce projet, d’exploiter cette affluence dans l’esprit du tourisme solidaire. C’est en tout cas ce que les caravaniers 2011 peuvent suggérer à ces habitants des environs du site pour l’amélioration de leurs conditions de vie.  Le projet, s’il prend forme après le passage de la caravane, vaudra la peine d’être mené à bon port pour la bonne cause locale.

Comme à chaque projet visité, le chef de file de la caravane, Gautier, remercie nos guides  pour leurs informations et les encourage à s’unir et se projeter dans l’avenir sans attendre des injonctions extérieures. Il les sensibilise par la même occasion à utiliser les logements des artistes de passage pour y accueillir les visiteurs qui le souhaitent.
C’était notre dernière visite. C’est vers 16 h, que nous débutons notre cérémonie de clôture en présence d’une représentante du Ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication ainsi qu’avec des associations et des agences de Tourisme responsable et/ou solidaire tant du Burkina (Couleur Afrique, Nadozal Voyages et Services) que du Mali (Kanaga Adventure Tours).

Eco-Bénin, Altervoyages et les caravaniers s’accordent pour signaler que cette édition a permis d’expérimenter divers aspects du tourisme solidaire, certains des projets visités pouvant être considérés  de franc succès tandis que d’autres sont encore dans un processus de maturation voir de réorientation.
Martine Houyoux, coordinatrice d’Altervoyages, a exprimé sa satisfaction de voir les objectifs de la caravane solidaires atteints, notamment en ce qui concerne  les échanges entre les acteurs de tourisme solidaire des 4 pays visités.
La représentante du Ministère quant à elle félicite la caravane et invite les caravaniers à revenir au Burkina Faso afin de visiter d’autres sites touristiques.  

Le coordinateur Gautier Amoussou remercie chaque caravanier pour sa participation et  se réjouit de tous les contacts pris au sein du groupe et des projets à finaliser.
Pour cette édition 2011  riche d’échanges,  de découvertes,  de rencontres et d’expériences, les caravaniers  se voient remettre un trophée symbolique évoquant le chemin parcouru à travers le Bénin, le Togo, le Ghana et le Burkina Faso.
Gautier Amoussou, coordinateur d’EcoBénin, remercie chaque caravanier pour sa participation et  se réjouit de tous les contacts pris au sein du groupe et des projets à finaliser. Il remet à la représentante des autorités nationales un trophée de bronze qui évoque la richesse artisanale du pays comme le chemin parcouru à travers le Bénin, le Togo, le Ghana et le Burkina Faso. Il profite de l’occasion pour inciter le ministère du Tourisme à plus d’engagement en faveur du tourisme responsable et solidaire.

 « Le seul rallye où il s’agit d’arriver ensemble » s’achève. Les Caravaniers 2011, plus motivés encore, sont  convaincus que les populations locales rencontrées, continueront à prendre leurs destins en mains même si nous sommes conscients des difficultés qu’elles rencontrent. Les caravaniers vont à présent se coordonner pour rendre compte d’une réalité difficile mais qui n’est sans doute pas insurmontable.
Les caravaniers sont actuellement suffisamment indignés et c’est le moment de s’ENGAGER ! 



vendredi 11 novembre 2011

A la rencontre du mouvement CPN de Kamaté shakaloké




4 et 5 novembre 2011
C’est à la tombée de la nuit que nous arrivons au CPN Les papillons (Connaître et Protéger la Nature). CPN est un mouvement international qui est né en France. Après la prise de possession de nos chambres dans de bungalows aménagés avec simplicité locale, l’équipe du « CPN les Papillons » nous a préparé un très agréable et copieux repas locaux (igname pilée à la sauce d’arachide).
A la fin du dîner, nous avons eu l’occasion d’échanger  avec le manager de CPN les activités et défis du centre. Il nous a raconté comment, suite à sa découverte de ce mouvement  durant ses études, il a décidé en 1995 à son retour au village de lancer le projet avec trois de ses connaissances sensibles à l’environnement.
Les infrastructures  ont été aménagées en 2006 afin de pouvoir accueillir au mieux les voyageurs et différents chantiers de jeunes engagés dans la sensibilisation environnementale.

L’association compte aujourd’hui plus de 30 membres, tous convaincus que la sensibilisation et la formation des jeunes sera une richesse tant pour le village que  pour l’environnement.
Au lever du soleil et riches des informations reçues la veille, nous fument invités soit à une randonnée dans les collines, soit à une visite de la ferme mise en place par le CPN en collaboration avec Eco-Bénin.
Les courageux participants à la randonnée pédestre sur la colline furent récompensés de leurs efforts tant par la beauté des paysages  que par la richesse des explications données par le guide spécialisé, Germain. Au cours de cette randonnée beaucoup d’explications nous ont été données sur la vertu des plantes médicinales, l’importance des 41 collines pour la communauté de Kamaté shakaloké à travers les reliques et les objets utilisés par elle. Aujourd’hui la communauté vit aux pieds de cette colline de 400 m d’altitude.
Les membres de l’équipe des caravaniers ont eu l’occasion de visiter le CIPE, Centre d’Initiation et de Préservation de l’Environnement. C’est un centre éducatif et culturel qui comprend une ferme dont les principales activités se résument à l’élevage, l’agroforesterie, le maraîchage, le bioclimat, la toilette sèche et transformation des produits issus de la ferme. Pour impliquer activement les familles à la réduction de la précarité, une banque de chèvre famille est créée. Son but est de donner à une famille une chèvre qui après la mise bas, le chevreau est retiré pour être reçu par une autre. Le centre s’occupe aussi de l’élevage des poulets et de la production de miel de façon artisanale et très naturelle.

 
L’Objectif essentiel du centre est de passer le message au niveau local pour une bonne gestion rationnelle des ressources locales par les communautés.

Pour parvenir à l’objectif, l’animateur principal, Hyacinthe et son équipe organise des séances de sensibilisation et de formation environnementale des jeunes et des écoliers dans les établissements scolaires de la localité. Le centre accueille aussi des stagiaires venus de partout. Il est important de savoir que les formations se font par thématique et selon les saisons.
En ce qui concerne l’apiculture, un échange comparatif sur les techniques respectives d’élevage des abeilles a eu lieu entre l’animateur du centre et un des caravaniers belges, Joël, qui est entre autre, apiculteur. Ce dernier propose d’envoyer les plans de fabrication d’une ruche afin de pouvoir aider à la reproduction sur place. Ceci dans l’optique d’améliorer la rentabilité tout en préservant le cycle naturel des abeilles.  Cette rencontre a débouché sur les informations et conseils réciproques.  
Pour faire mieux connaître ses activités, le CPN s’est doté de documentaires concernant l’ensemble de ses activités et organise des émissions interactives sur la chaine de radio locale « Iléma » pour sensibiliser et atteindre le maximum d’auditeurs. Une excellente initiative de plus que nous allons suivre avec intérêt.
De l’ensemble des échanges à cette étape, il en résulte que CPN a fait des progrès louables en matière d’appui social comme la construction de citernes familiales pour l’approvisionnement en eau potable, de toilettes publiques et de jardins familiaux. Mais des défis majeurs restent encore à relever comme le plaidoyer pour trouver des activités alternatives au travail de concassage de granite (par les femmes et enfants) et également la mise en place d’outils de suivi-évaluation des impacts du tourisme responsable. 

L’équipe communication de la caravane : KOUNOUHO Luc, Charlotte THARREAU, Uliana Ortega, Caterina Manca di Villahermosa

La Caravane Solidaire sur les chapeaux de roues au lac Ahémé

3 novembre 2011
Après 2 heures de route, durant lesquelles nous commençons à nous familiariser les uns avec les autres, nous arrivons à Possotomé au bord du lac Ahémé, dans le sud du Bénin. Avant même notre entrée dans le village, nous sommes accueillis par une délégation d’écoguides et de locaux.
Au rythme de leurs chants et danses, nous entrons ensemble dans le village de Possotomé, qui jouxte le lac Ahémé. Tout est prêt pour la suite de notre accueil, qui nous a déjà fortement émus.
La cérémonie de réception continue par une allocution d’un responsable de l’association CLAT-Comité Local d’Action Touristique, qui nous souhaite la « bonne arrivée » et nous invite à en connaître plus sur l’Azandro, qui nous présente alors des danses.
Cette immersion dans la culture vaudou nous entraîne naturellement à découvrir leurs divinités et  leurs temples lors d’une balade au cœur de différents villages. Cette visite nous plonge dans des réalités culturelles telles que la forêt sacrée, où nul n’a le droit de pénétrer après la tombée de la nuit. On y retrouve les temples des différentes divinités présentes dans le village comme « Tolègba, Hêbioso, Zangbéto… ». Ce sont des lieux de rites vaudou qui permettent également de préserver les traditions séculaires et patrimoine naturel.

Notre guide Lucien Kadja nous explique le rôle tant structurel que spirituel des divinités dans l’organisation villageoise. Il nous précise que les habitants, essentiellement des pêcheurs, n’ont pas besoin de service d’ordre extérieur tel que policiers, gendarmes ou autres. Ce rôle est joué par les divinités « Zangbéto » ou gardiens de nuit, qui patrouillent revêtus de bottes de raphia, et repèrent tout individu malintentionné. Seuls les « initiés » sont autorisés à déambuler la nuit dans les rues du village. Néanmoins si une urgence survenait, on peut faire appel à un « initié » qui escorte alors le demandeur dans ses démarches.
Après cette enrichissante promenade de découverte de la culture et des paysages autour du lac Ahemé, nous apercevons la source thermale de Possotomé, embouteillée sur place et vendue dans tout le Bénin. Son exploitation est confiée à une société française, qui a peu de considération pour les villageois ainsi que pour la préservation de l’environnement.
Nous nous retournons ensuite auprès des membres du CLAT, le rendez nous est fixé au camping bar restaurant « chez Préfet », un véritable gastronome qui nous a concocté pour l’occasion des délices dont le fameux « dakoin » à base de manioc et de poisson.
Le lendemain dès notre réveil, une nouvelle journée d’échanges nous attend, démarrant par une balade en barque guidée par les pêcheurs, ils nous racontent tout de leurs techniques de pêche, notamment au filet. Charles, notre Caravanier guadeloupéen, s‘avère le plus habile dans cet exercice, mais sa pêche n’est guère fructueuse… Pas plus hélas que pour les riverains du lac Ahémé.

L’ensablement du lac Ahémé ainsi que la disparition progressive de ses poissons est une véritable tragédie pour la population qui vit depuis des lustres quasi exclusivement de la pêche. Il a fallu donc rechercher d’autres sources de revenus pour la survie des riverains du lac Ahémé.
C’est partant de ce constat et du potentiel touristique du site que l’association a vu le jour avec la ferme intention de ses membres de devenir les acteurs de leur passé comme de leur avenir.
Qui pourrait mieux guider les visiteurs que les habitants ?
Des formations sont proposées en matière de guidage, d’hébergement et de restauration. Dans le respect de la nature et de la culture du lieu.
La rencontre avec les responsables de l’association nous permet de comprendre la genèse de cette structure communautaire et participative, appelée d’emblée à devenir autonome.
Créée en 2005 par 5 habitants du village avec l’appui de leur fils Gautier Amoussou, le responsable d’Eco-Bénin, le premier travail de l’association fut l’organisation de formations indispensables à un bon contact avec les visiteurs. Reconnue officiellement par les autorités locales, l’association poursuit aujourd’hui son objectif de développement par l’écotourisme, de renforcement des compétences et  d’amélioration du niveau de vie de la communauté de Possotomé.
Nous nous rendons le lendemain dans la localité de Comè, sur le site d’un projet de pisciculture abandonné depuis des années par les autorités en charge de l'agriculture et de l’élevage. Le lieu est plus ou moins exploité aujourd’hui par les voisins, avec le soutien d’Eco Bénin.
L’idée est de reconstituer la mangrove, un écosystème indispensable à la reproduction de la faune halieutique lacustre. On replante donc des palétuviers, un arbre extraordinaire qui permet également de freiner l’érosion des berges du lac Ahémé. Nous participons à la plantation avec d’autant plus d’enthousiasme que cette « Action Carbone » nous permet de compenser symboliquement les émissions de CO2, que nous produisons lors de nos déplacements, notamment avec la Caravane.

L’équipe communication de la caravane : KOUNOUHO Luc, Charlotte THARREAU, Uliana Ortega, Caterina Manca di Villahermosa


jeudi 3 novembre 2011

lancement officiel par le Ministre du Tourisme béninois




Une séquence de l'allocution du Ministre du Tourisme du Bénin au lancement officiel de la Caravane Solidaire hier 3 novembre à Cotonou:

................

De nos jours, le dynamisme de développement du secteur touristique amène celui-ci à ne plus  être au seul actif de l’Etat au regard de la concurrence accrue entre les destinations mondiales. Parmi les objectifs que je me suis fixés depuis ma prise de fonction, celui d’une plus grande fréquentation écotouristique sur le territoire national constitue une priorité majeure.
C’est la raison pour laquelle que j’attache un grand intérêt à l’événement de la caravane solidaire qui démarre ce jour.
Mesdames et Messieurs,
Il est évident que les facteurs d’attractivité touristique classiques perdent progressivement du terrain et permettent de dessiner une nouvelle carte touristique de demain. La recherche d’authenticité crée de nouvelles filières, comme le tourisme gastronomique, rural, solidaire, responsable, équitable, de loisirs sportifs de pleine nature. Toutes ces formes de tourisme trouvent leur place au Bénin.
C’est vous dire, Mesdames et Messieurs, chers partenaires, le développement touristique est aujourd’hui au coeur des stratégies de développement local au Bénin. Les pôles d’excellence ruraux pourront largement s’appuyer sur la compétitivité touristique et la richesse patrimoniale des communes. Nous serons en première ligne sur ce dossier à vos côtés.
Je vous exhorte donc à étudier pendant vos ateliers de terrain comment nous pouvons ensemble croiser les moyens financiers et humains mais aussi trouver une certaine méthodologie pour la promotion du tourisme responsable et solidaire en Afrique de l’Ouest.
Le moment est venu pour nous et surtout nos communes de s’approprier réellement les formes de tourisme alternatif comme  un vecteur de développement économique durable.
Le Gouvernement du Dr YAYI BONI s’est résolument engagé à accompagner toutes initiatives entrant dans le cadre de développement d’une politique touristique durable. J’en veux pour preuve l’élaboration du Plan Stratégique de Développement de l’Ecotourisme dont la validation est imminente.  
Je vous souhaite alors Mesdames et Messieurs, Honorables invités et caravaniers, une excellente caravane solidaire en Afrique de l’Ouest.
Vive la coopération internationale.
Vive le tourisme responsable et solidaire.
Agréable séjour aux caravaniers.
Je vous remercie. 

 
Valentin AGOSSOU DJENONTIN
Ministre en charge du tourisme

samedi 10 septembre 2011

Jeu concours caravane solidaire 2011

Caravane Solidaire 2011
 
Le jeu-concours "L’Afrique en 1 clic" permet de gagner 4 places dans la caravane solidaire 2011 et un séjour d’une semaine au lac Ahémé au Bénin. Il vous suffit de remplir notre formulaire de contact puis mentionner dans votre message « le jeu-concours "L’Afrique en 1 clic" », cliquez ici pour jouer.